Anti-réalisme et néoréalisme dans la littérature du XXème siècle

Projet d’atelier pour le congrès 2003 de l’AILC à Hong Kong

icla2003.jpg (40396 Byte)

 

Depuis la fin du réalisme et du naturalisme et le triomphe du symbolisme, l’art et la littérature modernes ont été marquées par une poétique et une esthétique antiréalistes. Bien sûr, il y a eu beaucoup de contre-courants et diverses tentatives pour unir symbolisme et naturalisme (Joyce par exemple), mais le discours de la majeure partie du XXème siècle a été dominé par une esthétique qui récuse la mimèsis et plaide pour l’abstraction, l’«expression», le «surréalisme», l’«expérimentation» ou même pour un tournant langagier radical (ou pour un «art concret»). Plus récemment, le courant philosophique structuraliste et poststructuraliste et ses épigones ont décrété une «crise de la représentation», voire même son impossibilité pure et simple.

Depuis la fin des années 80 on peut cependant observer dans les textes littéraires (en Amérique, en Afrique et dans le roman européen et asiatique) et dans la critique («gender studies», «cultural studies», nouvel historicisme) un intérêt renouvelé pour le réalisme, la représentation, les contextes sociaux et culturels et la littérature dite «engagée».

Cet atelier sera ouvert à toutes les questions qui concernent ce conflit entre anti- et néo-réalisme qui a été si central pour les littératures du XXème siècle. Les directions de travail non exhaustives que l’on peut tirer de ces réflexions peuvent inclure:

1. Une archéologie de l’anti-réalisme au XXème siècle:

  • préhistoire: le Romantisme, son esthétique et ses poétiques dans une première phase anti-réaliste
  • poétiques et esthétiques anti-réalistes et théories qui en découlent dans des œuvres d’auteurs spécifiques, de genres ou des textes représentatifs
  • relation entre littérature et arts: la peinture abstraite comme prototype de l’art moderne
  • l’abstraction dans la culture et la littérature modernes
  • alliances entre symbolisme et naturalisme, abstraction et représentation, modernisme et engagement.
  • 2. Idéologie de l’anti-réalisme

  • anti-réalisme et anti-conventionnalisme: anti-réalisme et anti-scientisme
  • conscience et «monde intérieur» comme réalité plus «profonde»
  • tournant linguistique, tournant textualiste
  • «New criticism» et autonomie de l’art
  • «Différance», intertextualité et la «danse des signifiants»
  • poétique de l’«Autre»
  • anti-réalisme et constructivisme
  • anti-réalisme et tradition culturelle occidentale
  • anti-réalisme littéraire et nouveaux media (photographie, cinéma)
  • aspects génériques
  • les grands manifestes anti-réalistes
  • 3. Littérature néo-réaliste

  • mouvements réalistes et littérature de l’entre-deux guerres, de la seconde guerre mondiale et de l’après-guerre
  • poétique et esthétique néo-réalistes dans les années 80 et après, à partir d’auteurs, de textes représentatifs ou dans des genres spécifiques
  • néo-réalisme et «pop culture»
  • 4. Idéologie du néo-réalisme

  • réalisme et prosaïsme
  • le néo-réalisme comme anti-modernisme
  • renaissance de la littérature engagée
  • poétique des exclus
  • le texte comme document dans le cadre d’une approche sociologique, anthropologique de l’histoire littéraire
  • le rôle de la représentation dans les études coloniales et post-coloniales
  • représentation et conflits sociaux, raciaux et culturels
  • 5. Alternatives et nouveaux concepts critiques

  • cas-limites: littérature fantastique, allégories, fables, métaphores et factualité
  • relecture de quelques notions critiques (rôle central de la métaphore et de l’intertextualité dans les approches du fait littéraire des années 80)
  • le réel comme construction culturelle
  • les réalités virtuelles en tant que «mondes possibles»
  • la question du contexte et les méthodes critiques (philologie, herméneutique, psychanalyse, sociocritique, déconstructivisme, nouvel historicisme, «cultural studies», «gender studies»
  • Ceux qui souhaitent participer à cet atelier peuvent adresser un résumé de 100 mots environ à l’un des organisateurs.

    Les exposés peuvent faire l’objet d’une présentation en anglais ou en français et ne doivent pas excéder 20 minutes. La date limite pour adresser vos propositions de communication est fixée au 31 janvier 2003.

    retour