Dissertationsprojekt

Cotutelle, Betreuung durch Prof. Dr. Dietmar Hüser (Universität des Saarlandes) und Prof. Dr. Hélène Miard-Delacroix (Université Paris IV - Sorbonne)

Ménage à trois? „Asymmetrische Dreiecksverhältnisse“ zwischen Städten in Frankreich, der Bundesrepublik und der DDR unter den Vorzeichen des Ost-West-Konflikts

Bereits mehrere Jahre vor Unterzeichnung des Elysée-Vertrages am 22. Januar 1963 erblickten weit über 100 Städtepartnerschaften zwischen französischen und westdeutschen Kommunen das Licht der Welt. Von Beginn an verfolgten sie in der Masse einen Ansatz der „Verständigung von unten“, d.h. die Einbindung der Zivilgesellschaft war Teil des Konzepts und wurde zum Gradmesser des Gelingens dieser „erfolgreichsten Form der deutsch-französischen Gesellschaftsbeziehungen in der Nachkriegszeit“ (Hans Manfred Bock).
Ende der 50er Jahre, in der zweiten Berlin-Krise und somit in einer der Hochphasen des Kalten Krieges, entstanden die fünf ersten deutsch-französischen Städtepartnerschaften über den Eisernen Vorhang hinweg, also zwischen Städten in Frankreich und der DDR.

Bei den „Pionieren“ handelte es sich französischerseits in allen Fällen um Städte mit kommunistischen Mehrheiten im Conseil Municipal und einem Bürgermeister derselben Couleur. Neben Städten aus dem „roten Gürtel“ rund um Paris gehörte auch die Industriestadt Vierzon im Département Cher dazu. Bürgermeister Léo Mérigot besiegelte im Jahr 1959, nur wenige Monate nach seiner Wahl, eine Partnerschaft mit dem ebenfalls industriell geprägten Bitterfeld im DDR-Bezirk Halle. Da Vierzon bereits im Jahr 1955 unter Mérigots Vorgänger, dem Sozialisten Maurice Caron, eine Partnerschaft mit Rendsburg in Schleswig-Holstein eingegangen war, entstand eine besondere westdeutsch-französisch-ostdeutsche Konstellation auf kommunaler Ebene, ein „asymmetrisches Dreiecksverhältnis“.

In diesem Mikrokosmos bildet sich ab, was Ulrich Pfeil für die deutsch-französischen Beziehungen in der Zeit der deutschen Teilung insgesamt konstatiert: eine asymmetrische Dreiecksbeziehung zwischen der Bundesrepublik, Frankreich und der DDR, bei welcher der nur scheinbar unbeteiligte dritte Staat stets mitzudenken war und politisches Handeln maßgeblich beeinflusste. Im konkreten Beispiel stand die „Ehe“ zwischen Rendsburg und Vierzon mehrfach auf Messers Schneide. Erst zu Beginn der 70er Jahre konnte die Krise im Zuge allgemeiner Entspannung im Kalten Krieg und zwischen den beiden deutschen Staaten im Besonderen überwunden und die Partnerschaft neu belebt werden.

Spätestens mit dem Entstehen weiterer derartiger Konstellationen – der zweite Fall stammt aus dem Jahr 1963 und gipfelte 1974 in einer westdeutsch-französischen „Scheidung“; er betrifft Wangen (Allgäu), Châtillon (Hauts de Seine) und Merseburg – begannen sich auch höhere politische Ebenen für das Phänomen zu interessieren. Besonders im Auswärtigen Amt in Bonn blickte man angesichts des selbstgesetzter außenpolitischer Determinanten wie Allein-vertretungsanspruch und Hallstein-Doktrin mit Argusaugen auf die zunehmende Anzahl „asymmetrischer Dreiecksverhältnisse“ zwischen Städten in Frankreich, der Bundesrepublik und der DDR, die bis zum Fall der Mauer auf zirka 30 heranwuchsen.

Nach einem Blick auf die beiden frühen Fälle sollen anhand der späteren Beispiele Seelze – Grand-Couronne – Velten (1969), Dortmund – Amiens – Görlitz (1971) und Duisburg – Calais – Wismar (1971) Kontraste herausgestellt und hinterfragt werden, inwieweit globale, europäische und deutsch-deutsche Rahmenbedingungen auf die konkreten Beispiele zurückwirkten. Hatte die Entstehung des „ménage à trois“ in den letzten beiden Fällen ausreichend Kraft, vorbildlich funktionierende westdeutsch-französische Städtepartnerschaften aus der ersten Hälfte der 60er Jahre zu sprengen?

Welche Spuren hinterließen wichtige Ereignisse, wie die Niederschlagung des Prager Frühlings unter Beteiligung von DDR-Truppen - laut Christian Wenkel das Ende der DDR-Perzeption als Projektionsfläche eines „anderen“, besseren Deutschlands durch linke französische Kreise – , die neue Ostpolitik unter Bundeskanzler Willy Brandt ab Oktober 1969 oder die diplomatische Anerkennung der DDR durch Frankreich im Jahr 1973 im Mikrokosmos der ausgewählten Beispiele?


Ménage à trois? « Relation triangulaire asymétrique » entre villes de France, de la République fédérale et de la RDA sous le signe du conflit Est-Ouest

Quelques années avant la signature du traité de l’Élysée, le 22 janvier 1963, plus d’une centaine de jumelages entre communes françaises et ouest-allemandes avaient déjà vu le jour. Depuis le départ, ils répondaient à un modèle d’« entente par en bas », sollicitaient la participation de la société civile et étaient devenus l’indicateur du succès de la « forme la plus réussie des relations entre les sociétés françaises et allemandes dans l’après-guerre » (Hans Manfred Bock).

Les cinq premiers jumelages franco-allemands par-delà le rideau de fer, associant des villes françaises et de RDA, furent mis en place à la fin des années 1950 pendant la deuxième crise de Berlin, qui fut aussi un des paroxysmes de la Guerre froide. Du côté français, les villes « pionnières » avaient nécessairement des conseils municipaux majoritairement communistes et des maires affichant les mêmes couleurs politiques. Outre les villes de la « ceinture rouge » entourant Paris, Vierzon, ville industrielle du département du Cher, en faisait partie.

Son maire, Léo Mérigot, scella en 1959, quelques mois seulement après son élection, un partenariat avec Bitterfeld, cité également industrielle située dans le district est-allemand de Halle. Comme Vierzon avait déjà conclu un jumelage avec Rendsburg (Schleswig-Holstein) en 1955, pendant le mandat du prédécesseur de Mérigot, le socialiste Maurice Cauron, une « relation triangulaire asymétrique », constellation ouest-germano-franco-est-allemande particulière, se constitua au niveau local.

Ce microcosme illustre ce qu’Ulrich Pfeil constate généralement pour les relations franco-allemandes à l’époque de la division de l’Allemagne: une relation triangulaire asymétrique entre la République fédérale, la France et la RDA, qui incluait systématiquement le troisième État soi-disant non-impliqué, lequel influençait considérablement les décisions politiques. En ce qui concerne notre exemple, le « mariage » entre Rendsburg et Vierzon faillit prendre fin plusieurs fois. Ce n’est qu’au début des années 1970 que la crise put être surmontée dans un contexte de Détente généralisée, notamment entre les deux États, et que le partenariat put trouver un nouveau souffle.
 
 Il fallut attendre l’avènement d’autres constellations de ce type – la deuxième affaire apparaît en 1963 et culmine en 1974 par un « divorce » franco-ouest-allemand ; elle concerne Wangen (Allgäu), Châtillon (Hauts de Seine) et Merseburg – pour que la politique à un niveau plus élevé commence à s’intéresser à ce phénomène. À Bonn, à l’Auswärtiges Amt notamment, institution qui fixait elle-même les déterminants de la politique étrangère tels que l’exigence de représentation exclusive ou la doctrine Hallstein, on voyait d’un mauvais œil la multiplication de ces « relations triangulaires asymétriques » entre la France, la République fédérale et la RDA, dont on dénombra jusqu’à une trentaine de cas à la chute du Mur.

Après l’évocation de deux cas précoces, les exemples plus tardifs de Seelze – Grand-Couronne – Velten (1969), de Dortmund – Amiens – Görlitz (1971) et de Duisburg – Calais – Wismar (1971) permettront de produire un contraste et de se demander dans quelle mesure des dynamiques mondiales, européennes et intra-allemandes eurent des répercussions sur ces exemples  concrets. L’émergence de « ménages à trois » a-t-elle eu dans les deux derniers cas une portée propre à faire éclater des jumelages franco-ouest-allemands datant de la première moitié des années 1960 et qui fonctionnaient à merveille?

Quelles traces ont laissées dans le microcosme des exemples choisis des événements importants comme la répression du Printemps de Prague, impliquant des troupes de RDA – d’après Christian Wenkel, la fin pour les milieux français de gauche d’une perception de la RDA comme idéal d’une « autre » Allemagne –, la nouvelle Ostpolitik menée par Willy Brandt à partir d’octobre 1969 ou encore la reconnaissance diplomatique de la RDA par la France en 1973?

Jürgen Dierkes