Podium sur l'Europe

Chaque année à la fin du mois de janvier, le Pôle France contribue avec le Podium sur l'Europe à l'orientation européenne de l'Université de la Sarre. Durant la semaine franco-allemande, des conférenciers d'Allemagne, de France et d'un autre pays européen sont invités à discuter de sujets d'actualité dans le contexte franco-allemand et européen à travers une perspective interdisciplinaire.

Prochaine manifestation

Date & lieu seront annoncés ultérieurement

Le Podium sur l'Europe, organisé chaque année dans le cadre de la Semaine franco-allemande, réunit des intervenantes et intervenants d’Allemagne, de France ainsi que d’un autre pays européen afin de discuter, dans une perspective interdisciplinaire, de questions actuelles relevant du contexte franco-allemand et européen. [...]

Manifestations récentes

Podium sur l'Europe 2026 : Entre crises internes et attentes extérieures – la responsabilité franco-allemande pour l’avenir de l’Europe

23 janvier 2026, 18h30–20h00, Salle des fêtes de la mairie St. Johann, Rathausplatz 1, 66111 Sarrebruck

Lors du Podium sur l’Europe 2026, organisé dans le cadre de la Semaine franco-allemande, la situation actuelle de l’Europe ainsi que sa capacité d’action face aux multiples crises, tant externes qu’internes, furent placées au centre des échanges. Sous la modération de Ulrich Brückner (membre du Speakers-Pool Team EUROPE DIRECT de la Commission européenne), la table ronde accueillit Nicolas Hubé (professeur et directeur du CIERA (Centre Interdisciplinaire d'Études et de la Recherche sur l'Allemagne), Université de Lorraine), Joachim Schild (professeur pour science politique / politique comparée, Universität Trier) et Karoline Gil (co-présidente du forum régional Bade-Wurtemberg de la Société allemande de politique étrangère et membre du conseil d’administration de l'Association allemande d’études est-européennes). 

La manifestation s’ouvrit par une allocution du maire de la ville de Sarrebruck, Uwe Conradt. Ensuite, Ulrich Brückner invita les intervenantes et intervenants à présenter brièvement leurs fonctions ainsi que leurs positions actuelles. Pour ouvrir la discussion, il introduisit le thème et rappela l’importance essentielle de la cohésion européenne.

 La première question portait sur la notion même de "crise". Selon Joachim Schild, l’emploi de ce terme pour décrire les défis mondiaux actuels est justifié, dans la mesure où des domaines essentiels tels que la sécurité et la prospérité sont menacés. Pour illustrer son propos, il évoqua les conséquences de la guerre d’agression menée par la Russie ainsi que le retard pris par l’Union européenne dans la compétition internationale.

Nicolas Hubé présenta ensuite un aperçu de la situation en France. Il fit valoir que le pays se trouvait affaibli, notamment en raison des tendances d’extrême droite et conservatrices, ce qui reléguait au second plan des enjeux essentiels tels que l’égalité ou la protection de l’environnement.

Madame Karoline Gil élargit ensuite la discussion en y apportant la perspective polonaise. Selon elle, la Pologne devrait être considérée comme un "résolveur stratégique de problèmes" pour la cohésion européenne. Elle défendit en outre l’idée que les nationalismes au sein de l’Europe doivent être dépassés et qu’il convient de travailler davantage à une identité européenne qui ne soit pas isolante, mais au contraire positive et coopérative.

Un consensus central de la soirée fut que la pensée nationale doit être dépassée au profit de la souveraineté européenne. Les privilèges dont nous bénéficions au cœur de l’Union européenne doivent – selon les intervenant·e·s – être préservés en pleine conscience.

À l’issue de la table ronde, les participantes et participants eurent l’occasion de prendre une part active au débat et d’adresser leurs questions au podium.


Intervenant·e·s :Karoline Gil (co-présidente du forum régional Bade-Wurtemberg de la Société allemande de politique étrangère et membre du conseil d’administration de l'Association allemande d’études est-européennes), Joachim Schild (professeur pour science politique / politique comparée, Universität Trier), Nicolas Hubé (professeur et directeur du CIERA (Centre Interdisciplinaire d'Études et de la Recherche sur l'Allemagne), Université de Lorraine)

Modération : Ulrich Brückner (membre du Speakers-Pool Team EUROPE DIRECT de la Commission européenne)

Participant·e·s: env. 80 personnes

Public : particuliers, étudiantes et étudiants, membres du personnel de l’Université de la Sarre

Organsiateurs : Pôle France de l’Université de la Sarre,  ASKO Europa-Stiftung, Académie européenne d'Otzenhausen, EUROPE DIRECT, centre d'informations de la ville de Sarrebruck

En partenariat : CEUS ‒ Cluster de recherche européenne de l'Université de la Sarre, Europa-Union Saar, Institut d’Études Françaises de Sarrebruck, du Goethe-Institut de Nancy

Podium sur l'Europe 2025: 40 ans d'Accord de Schengen

23 janvier 2025, 18h30–20h00, Salle des fêtes de la mairie St. Johann, Rathausplatz 1, 66111 Sarrebruck

En janvier 2025, la salle des fêtes de la mairie de St. Johann à Sarrebruck a accueilli une table ronde organisée à l’occasion du 40ᵉ anniversaire de l’Accord de Schengen.  Le podium, réunissant Dominik Brodowski (Université de la Sarre), Birte Nienaber (Université du Luxembourg) et Sabine Wachs (correspondante de l’ARD, Paris) et modéré par Timo Stockhorst (Europäische Bewegung Saarland), a souligné la portée actuelle de l’accord. Au centre des discussions figuraient les répercussions de la réintroduction des contrôles aux frontières intérieures ainsi que leurs impact sur l’espace transfrontalier Saar-Lor-Lux.

Timo Stockhorst ouvrit la discussion en soulignant l’importance historique de l’accord : "L’accord de Schengen est un symbole d’une Europe unie et il est aujourd’hui plus important que jamais."

Dominik Brodowski précisa que l’Accord de Schengen trouve son fondement dans la Déclaration de Sarrebruck de 1984 — initiative conjointe de François Mitterrand et Helmut Kohl, qui engagea le démantèlement progressif des contrôles frontaliers entre la France et l’Allemagne. Cette entente bilatérale procédait de la volonté d’accélérer l’intégration européenne, alors entravée par l’inertie des avancées au niveau communautaire. L’accord de Schengen, signé en 1985 par plusieurs États, institua finalement un espace commun de liberté et de droit, aujourd’hui pleinement contraignant pour l’ensemble de l’Union européenne.

Brodowski exprima par ailleurs de profondes réserves quant à la conformité juridique du rétablissement des contrôles aux frontières. "Chacun dispose du droit de franchir la frontière en tout lieu et à tout moment ; ce n’est qu’à titre strictement exceptionnel qu’il peut être dérogé à ce principe," insista‑t‑il. De telles dérogations ne sauraient être admises qu’en présence de menaces sécuritaires immédiates, telles que celles consécutives à un attentat. Il déplora en outre que ces mesures revêtent trop souvent un caractère essentiellement symbolique et nourrissent des peurs d’inspiration populiste  : "La fermeture des frontières procure une illusion de sécurité, mais l’on s’abstient de comparer les lieux où ces forces policières pourraient, en réalité, être déployées de manière plus efficiente."

Bierte Nienaber rapporta également de manière saisissante les conséquences pratiques des contrôles frontaliers, en particulier pour la région Saar‑Lor‑Lux. Elle fit remarquer que beaucoup de personnes en sous‑estiment la portée : "Entre Luxembourg et Sarrebruck, le trajet dure souvent quinze à trente minutes de plus. Ceux qui affirment qu’il ne s’agit que de cinq minutes ne franchissent pas la frontière régulièrement, ils ne font que se l’imaginer." Ces retards n’auraient pas seulement des répercussions économiques, mais aussi écologiques, car les embouteillages génèrent davantage d’émissions. De plus, les contrôles affectent le quotidien des personnes pendulaires ainsi que celui des étudiantes et étudiants. 

Sabine Wachs souligna notamment que ce sont précisément les jeunes, qui n’ont aucun souvenir des anciens contrôles frontaliers, qui perçoivent ces restrictions de manière particulièrement critique. Elle insista sur le fait que les médias ne traitent souvent de la problématique des frontières qu’à l’occasion d’événements majeurs, tels que des attentats ou d’autres faits criminels, ce qui contribue à fausser la perception du public. 

Un consensus central de la soirée fut que les contrôles aux frontières affaiblissent l’idée européenne de coopération et de solidarité. "Au lieu de travailler à des processus administratifs communs, le réflexe, en bien des endroits, se résume simplement à : on ferme la frontière !", critiqua Nienaber. Brodowski mit en garde contre le fait que de telles mesures menacent l’unité européenne : "La migration ne constitue pas un motif suffisant pour fermer les frontières. L’Europe a besoin de main‑d’œuvre qualifiée, non de repli."

La discussion se conclut par une question du public concernant l’élargissement de l’espace Schengen à la Bulgarie et à la Roumanie. Brodowski le qualifia de "lueur d’espoir", estimant que l’enthousiasme pour l’idée européenne y demeure plus palpable que dans nombre d’États membres établis. Toutefois, il avertit que les responsables politiques se trouvent souvent éloignés des régions frontalières et ne prennent pas toujours suffisamment en compte leurs problématiques spécifiques. 

Intervenant·e·s : Dominik Brodowski (Vice-président pour Internationalisation et Relations européennes, professeur de cluster au CEUS pour l'européanisation, l'internationalisation et la transformation digitale du droit pénal, Université de la Sarre), Birte Nienaber (Associate Professor in Political Geography, Université du Luxembourg), Sabine Wachs (correspondante de l’ARD, Paris)

Modération : Timo Stockhorst (Président de la Europäische Bewegung Saarland)

Participant·e·s: env. 70 personnes