Dans cette nouvelle phase, le réseau de coopération CRN se concentre sur la compréhension de l’hétérogénéité de la maladie de Parkinson et cherche à déterminer pourquoi son évolution varie d’une personne à l’autre. À cette fin, la recherche doit être encouragée afin de permettre des diagnostics plus précis et de développer de meilleurs traitements. De nouvelles ressources sont créées afin que la communauté scientifique mondiale puisse travailler sur une base commune de haute qualité et surmonter les obstacles techniques qui entravent le développement de médicaments.
Depuis plus d’une décennie, Andreas Keller, professeur de bio-informatique à l’Université de la Sarre, mène avec son équipe des recherches sur les maladies neurodégénératives telles que la maladie de Parkinson et la maladie d’Alzheimer. Son intérêt se concentre sur les microARN, de courts segments non codants de l’acide ribonucléique. Ceux-ci régulent la traduction de l’information génétique dans les cellules. « Leur analyse génère d’énormes quantités de données issues du séquençage génétique, que nous analysons à l’aide de nos méthodes bioinformatiques. Dans le cadre de la subvention qui vient d’être accordée, nous recevrons plus de cent téraoctets de données provenant de patients atteints de la maladie de Parkinson », explique Andreas Keller. À l’aide de l’intelligence artificielle, son équipe évaluera ces données afin de découvrir de nouveaux principes actifs à base d’ARN permettant de traiter la maladie de Parkinson.
« À l'issue de nos analyses, nous proposerons les ARN candidats adaptés à un traitement. Ceux-ci seront ensuite testés dans des systèmes cellulaires par nos partenaires de recherche de l'Institut Weizmann en Israël et de l'université Columbia aux États-Unis. En cas de succès, ils feront l’objet d’autres études en laboratoire sur des animaux de laboratoire afin d’être mis en application clinique le plus rapidement possible », explique Andreas Keller, bioinformaticien qui dirige également un groupe de recherche à l’Institut Helmholtz pour la recherche pharmaceutique de la Sarre.
La maladie de Parkinson est déterminée par de nombreux facteurs qui interagissent entre eux. Ainsi, des facteurs biologiques tels que l’âge et le sexe influencent le risque de développer la maladie et son évolution, mais ils n’ont jusqu’à présent souvent pas été suffisamment étudiés dans la recherche moléculaire. « Parallèlement, le type cellulaire, le patrimoine génétique et les influences environnementales contribuent à cette complexité. Eux aussi influencent l’évolution de la maladie et ont un impact sur la manière dont les patients répondent à un traitement », explique Andreas Keller. Même au sein d’un même type cellulaire, la maladie de Parkinson suit différents schémas moléculaires, qui sont influencés par les facteurs mentionnés. « Nous partons du principe que nous trouverons, dans une vaste base de données, des schémas qui nous permettront de développer des principes actifs et des traitements mieux adaptés à chaque patient. Nous bénéficions d’ores et déjà de vastes bases de données contenant des informations sur les personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Celles-ci comprennent, par exemple, des échantillons sanguins, des analyses du liquide céphalo-rachidien ou des examens du tissu cérébral de patients décédés », précise Andreas Keller.
À l'aide de leurs méthodes basées sur l'IA et mises au point au fil de nombreuses années, les bioinformaticiens de Sarrebruck analyseront ces données sur la maladie de Parkinson et les croiseront avec les informations relatives aux tranches d'âge et aux sexes. Il en résultera une base de données moléculaire complète et librement accessible sur la maladie de Parkinson. Celle-ci aidera les partenaires de recherche du réseau récemment financé dans la poursuite de leurs travaux. La scientifique Tal Iram et son équipe de l'Institut Weizmann à Tel Aviv, ainsi que les scientifiques Philip De Jager et Vilas Menon et leurs équipes de l'Université Columbia à New York, jouent un rôle déterminant dans ce projet. La subvention de neuf millions de dollars (environ 7,7 millions d'euros) accordée par l'ASAP sera en grande partie versée à l'Université de la Sarre.
Pour plus d'informations :
https://www.asapcrn.org/funding/
https://www.ccb.uni-saarland.de/
https://www.helmholtz-hips.de/de/forschung/people/person/prof-dr-andreas-keller/
Vous trouverez des photos de presse à télécharger et à utiliser gratuitement dans le cadre de ce communiqué de presse tout en bas de la page web suivante.
Pour toute question, veuillez contacter :
Prof. Dr. Andreas Keller
Tél. +49 681 302 68611
E-mail: andreas.keller(at)ccb.uni-saarland.de
